Les enjeux & pratiques de l'éditorial en ligne analysés par dixxit l’agence éditoriale interactive
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Accrocher l'œil de l'internaute, l'informer et l'inciter à la lecture, tels sont les trois grands objectifs d'un titre efficace. Pour les atteindre, il suffit d'une bonne plume et de quelques techniques simples. Au programme : des phrases courtes, l'emploi d'un vocabulaire riche, la création de jeux de mots…
Placés en haut de la page, mis en valeur par leur taille ou leur couleur, les titres sont en moyenne cinq fois plus lus que le contenu - de nombreuses études d'"eye-tracking" l'ont démontré. Ils doivent donc remplir parfaitement leurs trois fonctions essentielles : accrocher, informer et inciter.
Il est impératif d'employer des termes informatifs et riches de sens dès la rédaction du titre. Ceux-ci permettront à l'internaute de comprendre immédiatement les principaux messages de la page. Autre avantage : un référencement naturel optimisé. En effet, placés dans des balises spécifiques, les titres sont plus facilement indexés par les moteurs de recherche.
Mais l'effort ne doit pas porter uniquement sur le titre principal. La rédaction des intertitres, qui rythment la page et offrent à l'internaute un niveau d'information intermédiaire, doit être tout aussi soignée.
La lecture sur écran s'effectue rapidement et en diagonale. On dit que les internautes "scannent" les pages, pour repérer d'emblée une information. Afin de retenir l'attention du lecteur, on veillera donc à employer des termes "accrocheurs".
Pour capter l'attention du lecteur, et la conserver, celui-ci doit immédiatement comprendre l'information transmise.
Ce titre se révèle complexe dans sa construction et dans le choix des mots. Il est beaucoup trop long (19 mots) et les termes employés sont trop techniques. Il conviendrait de simplifier le vocabulaire utilisé dans le titre, quitte à employer le "jargon" ministériel dans le chapeau, si nécessaire.
Vu sur le site Ministère de l'écologie (Mars 2009).
L'affirmation et la forme active représentent le moyen idéal d'aller à l'essentiel et de rédiger des titres dynamiques.
Bien que relativement accrocheur, le titre de cet article, dont l'objectif est de rassurer le lecteur, risque de produire l'effet inverse. La tournure négative crée une distance avec l'internaute : il vaut mieux recourir à une formulation positive. Par exemple : Le cholestérol innocenté dans les risques d'infarctus.
Vu sur le site Passeportsanté.net (Janvier 2008).
Comme l'atteste le célèbre publicitaire David Ogilvy, le rôle du titre est d'éveiller l'intérêt personnel du lecteur. Il doit ainsi se révéler proche de l'internaute, lui parler, l'interpeller.
Plus le lecteur se sent concerné, plus il a envie de lire. Pour capter son attention, il est essentiel de connaître ses attentes, son contexte et d'employer des mots faisant partie de son univers quotidien. L'objectif : le rassurer en lui proposant un contenu ad hoc. Le petit plus : présenter des exemples concrets.
| A faire | A éviter |
|---|---|
| Rose, violet, mauve : les couleurs tendances de cet hiver | Nouvelles tendances de couleurs pour cet hiver |
| On remarque que le second
titre ne propose aucun exemple de couleur. Il manque de
précision et ne fournit pas l'information essentielle.
Certes, l'internaute comprend que la mode va changer. Mais dans
quelle direction ? |
|
Sur internet, le lecteur lit vite et a besoin de connaître immédiatement la teneur des contenus qu'il choisit de parcourir. De plus, en passant par les moteurs de recherche, il peut très bien arriver sur un titre en dehors de son contexte. D'où la nécessité de rester concret et précis.
Le titre informatif a pour vocation de renseigner le lecteur, de la façon la plus claire et la plus simple possible.
Il se doit de répondre, au moins en partie, aux questions de référence "qui" et "quoi". Soit : de qui et/ou de quoi parle-t-on ? Quel message clé souhaite-t-on faire passer ?
Le choix de ses mots doit condenser l'information principale contenue dans le texte. A la première lecture, l'internaute doit connaître la teneur du contenu.
Cette actualité postée sur le site du groupe Nestlé propose un titre simple et efficace. Informatif, il répond aux questions qui (Nestlé), quoi (création d'une fondation d'entreprise) et où (en France). L'essentiel y est donc concentré.
Vu sur le site Nestle.fr (Mars 2009).
Le choix des mots se révèle capital, à la fois pour la bonne compréhension du sujet de l'article, et pour un référencement naturel optimisé.
Il est essentiel d'enrichir le champ lexical utilisé, en employant des termes précis et/ou des expressions imagées. Pour cela, on recherchera des équivalents sémantiques précis (EMS), c'est-à-dire des mots ayant la même signification, mais précisant l'information.
| A faire | A éviter |
|---|---|
| Repasser | Faire le repassage |
| Relire | Lire une seconde fois |
| Les expressions
imprécises se révèlent aussi plus longues. Une
autre bonne raison de leur préférer des mots
précis... et plus courts! |
|
Souvent utilisé en presse écrite, le titre incitatif apporte une touche d'originalité et de créativité que ne possède pas le titre informatif. Il vise à produire un effet de surprise et à faire réagir le lecteur.
Sur le web, il permet d'inciter l'internaute à parcourir un texte, en éveillant sa curiosité. Toutefois, la balance d'un bon titre penche toujours du côté de l'information.
Si la cible s'y prête, un titre peut créer une complicité en s'appuyant sur un jeu de mots ou sur le détournement d'une locution bien connue. Mais ce procédé reste à manier avec précaution : un titre doit toujours rester compréhensible, même hors de son contexte. Et côté référencement, les moteurs de recherche sont imperméables au second degré !
Le site de la FFF propose ici un titre 100 % incitatif. Le résultat : une information imprécise qui heureusement, est rattrapée par le visuel. L'idéal aurait été d'ajouter une dimension informative, par exemple : Les Bleus : un rayon de soleil pour Valentin et Mathieu.
Vu sur le site Fédération Française de Football (Mars 2009).
"Chauffer à blanc" s'utilise en général pour l'expression "mettre de l'ambiance". Ce portail dédié à la décoration l'emploie de façon détournée afin de mettre en avant la tendance à la simplicité dans les intérieurs. Un jeu de mots qui fonctionne plutôt bien.
Vu sur le site Deco'In (Mars 2009).
Sur le web, le titre informatif sera toujours préféré au titre incitatif. En ligne, la clarté doit prévaloir sur la complicité. Néanmoins, pour une efficacité maximale, on gagnera à mixer les deux.
On pourra par exemple ponctuer le titre à l'aide de deux points. Ils permettent de raccourcir le titre tout en offrant 2 niveaux de lecture. Attention toutefois à ne pas lasser le lecteur en systématisant leur emploi.
| Titre informatif | Titre incitatif | Et pourquoi pas les 2 ? | |
|---|---|---|---|
| Caractéristiques | Neutralité, clarté, précision | Complicité, humour, jeux de mots | Subtil mélange |
| Exemples | Sony annonce le lancement de la PSP Pink | Sony voit désormais la vie en rose | Lancement de la PSP Pink : Sony voit la vie en rose |
| Le titre mixte est plus accrocheur, sans déperdition d'information. | |||
Même un rédacteur chevronné peut se tromper. Afin de conserver l'attention du lecteur, connaître les maladresses usuelles... permet de s'en débarrasser !
Le point d'exclamation exprime la surprise, la joie, la crainte, l'émerveillement, la colère, l'ordre... Il possède une valeur affective plus forte que les autres signes de ponctuation, et son emploi est souvent facultatif : il dépend avant tout de la volonté de l'auteur.
S'il se retrouve employé trop souvent, son usage est détourné et l'information à faire passer peut dévier.
| A faire | A éviter |
|---|---|
| 155 recettes pour mincir et rester mince ! | Plus de 150 recettes ! A vous la minceur ! |
| Le double emploi du point d'exclamation lui retire sa dimension incitative. Le titre devient trop publicitaire et perd de sa crédibilité. | |
Afin de guider le lecteur, le titre doit comporter les informations essentielles contenues dans l'article.
Proposer une indication secondaire dès le titre induit le lecteur en erreur et le détourne de sa lecture. Par exemple, citer une seule variété de fleurs dans le titre d'un article dédié aux plantations de printemps met l'internaute sur une fausse piste.
Il est essentiel que l'internaute comprenne ce qu'il lit au premier coup d'œil. On emploiera donc autant que possible des mots utilisés dans le langage courant.
| A faire | A éviter |
|---|---|
| Un livre du même nom | Un livre homonyme |
| La plupart des internautes retiendront la première expression, plus simple et plus compréhensible au premier coup d'œil. Alors, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? | |
Pas question d'inventer de nouveaux mots lorsque des termes existent déjà pour décrire l'information que l'on veut faire passer. Là encore, la simplicité reste de mise.
Certains titres, notamment sur des sites institutionnels, peuvent faire appel à des abréviations ou à des acronymes.
Si quelques sigles sont bien connus du grand public (SNCF, CAF...), la plupart restent nimbés de mystère... On veillera donc à les rédiger en toutes lettres, quel que soit le contexte.
DGCCRF : un sigle long et difficile à déchiffrer pour un néophyte. Il permet de rédiger un titre plus court qu'en utilisant "Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes", mais au détriment de la précision et de la compréhension. On pourrait lui préférer : La Répression des Fraudes analyse les plaintes de consommateurs.
Vu sur le site Vie-publique.fr (Mars 2009).
En appliquant l'ensemble de ces techniques, le rédacteur peut être certain de toucher sa cible. Reste une dernière question : quand rédiger ce fameux titre à la fois informatif et accrocheur ? Chaque rédacteur possède sa méthode. Il est toutefois conseillé de s'atteler à cette tâche une fois l'article terminé : c'est à ce moment précis que les principaux messages seront les plus reconnaissables.
Retrouvez cette page en ligne sur : http://www.contentme.fr/
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