Les enjeux & pratiques de l'éditorial en ligne analysés par dixxit l’agence éditoriale interactive
Version alpha, sortie officielle le 15 avril 2009AccueilÉcriture en lignePrincipes de rédactionRègles de rédaction web

Donner du corps à un propos tout en restant simple ; se distinguer sans en faire trop ; informer sans oublier d’inviter à l’action… A y regarder de près, de sacrés challenges attendent les rédacteurs Web. Envisager de rejoindre cette caste bénite, c’est se promettre de respecter 10 commandements.
Le rédacteur Web est souvent jeté dans l'arène sans se trouver parfaitement armé. S'il se forme via les sites et blogs existants qui pullulent sur le sujet, il va vite y perdre son latin. Il appréciera donc qu'on lui indique ce qu'il faut vraiment retenir...
Avant tout, il faut se demander à qui le contenu se destine. Le niveau de langage et le vocabulaire sont en effet choisis en fonction de la cible, de ses attentes et caractéristiques. Si le texte se destine à plusieurs publics, il s'agit de privilégier le moins expert d'entre eux.
Pour interpeller autant que possible la cible, on lui propose une information proche "spatio-temporellement" d'elle, par exemple avec une donnée qui va l'étonner ou éveiller son intérêt. On veille aussi à la placer au centre du discours, par l'emploi de tournures personnelles. Ou de formes interrogatives, qui la prennent à parti.

Pour éveiller l'intérêt du lecteur, ce dossier literie commence par citer les problèmes pouvant inciter l'utilisateur à changer de lave-linge. Une manière habile de l'emmener sur la voie d'un nouvel achat. Et ce, d'autant que la cible est adressée dès le chapô via l'utilisation du vous et de formes interrogatives.
Vu sur le site Darty (Mars 2009).
C'est un fait : l'internaute parcourt les pages en diagonale. Le rédacteur doit donc lui offrir plusieurs niveaux de lecture pour lui permettre de survoler la page, par exemple :

Cette page Web est parfaitement adaptée à la lecture en ligne. Le texte dispose d'un titre, d'un chapô et d'intertitres. Le gras valorise les atouts commerciaux de l'offre. Quant à la zone de seconde lecture, elle propose un autre niveau d'informations, en pointant vers des pages complémentaires.
Vu sur le site Crédit Lyonnais (Mars 2009).
Le rédacteur doit se rappeler que l'internaute balaye les pages à la recherche de l'information. S'il ne veut pas qu'il vogue vers d'autres cieux, il a donc intérêt à vite le satisfaire. Et à faire de la pyramide inversée son cheval de bataille.
Systématiquement, il s'agit de commencer par dire l'essentiel, en offrant un résumé de la page. Par exemple, dans un chapô qui valorise les informations factuelles. Au-delà, le rédacteur peut se laisser aller à développer des informations plus détaillées. Le tout, en les fournissant par ordre d'importance décroissante.

Avant de conduire vers les pages de la rubrique Recherche & Innovation, Lafarge propose une synthèse de l'ensemble de ses contenus. Le tout, sous la forme d'un chapô particulièrement concret. Il s'appuie sur des éléments factuels, comme des données chiffrées. Les informations essentielles, celles que l'internaute doit vraiment retenir sont ainsi proposées d'emblée. Avant, d'être détaillées dans les différentes pages de la rubrique.
Vu sur le site Lafarge (Mars 2009).
Il convient de se souvenir que l'internaute ne s'attarde pas sur les pages Web. Et que la lecture en ligne est 25 % plus lente que la lecture traditionnelle. De fait, plus le propos se révèlera percutant, meilleur il sera.
Une idée par paragraphe, des phrases de 12 à 20 mots, des termes courts... Dans toutes les dimensions du contenu, il faut privilégier la concision et l'efficacité. Au moment de relire un texte, le rédacteur doit aussi se demander où peut encore le couper, sans dénaturer le propos.

36 mots pour une seule phrase : c'est au moins 2 fois trop, quand on sait qu'à 24 mots, déjà, le taux de rétention de l'information n'est que de 50 %...Non seulement, l'internaute a toutes les raisons de fuir avant d'avoir fini la phrase… Mais si d'aventure il va au bout, il n'en n'aura rien retenu.
Vu sur le site Pfizer (Mars 2009).
Pour éviter que le lecteur bute sur un mot ou une phrase et ait envie de fuir, il faut être le plus simple possible. Cette recherche de sobriété, qui a commencé à être préconisée par Jakob Nielsen dans son ouvrage Priorité à la simplicité passe par :

Proposé sur un site institutionnel, ce texte s'adresse de fait à un large panorama d'audiences… Incluant, notamment, le grand public. Les termes employés sont bien trop "jargonneux" et réservés à des financiers ou des journalistes : capitalisation boursière pro-forma, indice AEX, flottant, Standard & Poor's, Moody's… Il conviendrait plutôt de parler de capitalisation boursière présumée, d'indices boursiers, de portefeuille d'actions et d'analystes financiers, quitte, pour ces derniers, à les citer ensuite entre parenthèses.
Vu sur le site Unibail-Rodamco (Mars 2009).
Le lecteur n'aime pas les redondances. Elles surchargent inutilement les pages et alourdissent le propos, avec des répercussions évidentes sur la lisibilité des contenus. On gagne donc à enrichir au maximum le champ sémantique d'un texte... Plutôt que de répéter maintes fois un mot-clé, comme le font les référenceurs mal intentionnés. Ainsi, si on traite du vélo, on parlera aussi de bicyclette voire de V.T.T.
D'autant qu'en plus de servir l'expérience-utilisateur, l'extension de l'univers sémantique contribuera à une meilleure visibilité dans les moteurs de recherche. Il ne faut pas oublier en effet que tous les internautes ne formulent pas leur besoin avec les mêmes termes, lorsqu'ils saisissent une requête...

Cet article, issu du magazine de Voyages-SNCF capitalise sur une large variété de termes pour présenter la ville de Marseille. Provence, capitale européenne de la culture 2013, ville blanche sont autant de biais pour l'introduire, plus ou moins précisément. Quant à tous les termes en gras, ils exploitent l'univers sémantique en profondeur : Vieux Port, Notre Dame de la Garde, Cannebière… Qu'il effectue une recherche exhaustive sur Marseille ou qu'il ait en tête le besoin précis de visiter la Cannebière, l'utilisateur trouve une réponse à son attente….
Vu sur le site Voyages SNCF (Mars 2009).
Le lecteur a besoin d'éléments concrets et ne tolère que modérément les palabres inutiles ou le second degré. Lire sur le Web le fatigue et lui prend du temps. Il a donc besoin d'en venir vite au fait. Sinon, il se laisse distraire par son envie de cliquer. Les titres informatifs sont donc à privilégier, tout comme les liens ou les intitulés prédictifs.
Il faut garder aussi en tête qu'un internaute peut parvenir sur une page complètement par hasard. Il est d'autant plus primordial de lui annoncer clairement la teneur du propos.

Le titre de ce texte n'offre aucun élément d'information à l'internaute. En admettant qu'il parvienne sur cette page via les moteurs de recherche, il ne sait pas de quoi on va lui parler. A minima, il conviendrait de préciser sur quel sujet porte l'innovation. Par exemple : Danone Research : l'innovation, au service de la nutrition.
Vu sur le site Danone (Mars 2009).
Le Web repose sur l'hypertexte et l'interactivité. A ce titre, chaque page doit intégrer a minima une invite à l'action. Celle-ci se présente soit sous la forme d'un lien, destiné à naviguer, soit d'un bouton pour permettre d'effectuer une tâche.
Systématiquement, les invites à l'action doivent être claires et prédictives. On bannit notamment les cliquez ici, qui n'apportent aucune information concrète. Et on privilégie les formulations qui donnent à l'utilisateur une idée claire du contenu de la page de destination. Pour interpeller davantage la cible, on gagne à inclure un verbe d'action dans le texte du lien.

En marge du texte sur la Fondation Nestlé, ce contenu invite le lecteur à "aller plus loin" en téléchargeant une brochure sur le sujet. L'invite à l'action inclut un verbe, incitant le lecteur à interagir. Et est explicite sur le format vers laquelle le lien pointe. Pour plus d'efficacité, la formulation gagnerait néanmoins à être plus précise : Téléchargez le libre blanc de la Fondation Nestlé.
Vu sur le site Nestlé (Mars 2009).
La créativité ne doit jamais être remisée au placard. A condition de ne jamais être gratuite, elle sert le message. Et constitue une arme fatale pour se distinguer parmi le flot de sites Web qui existent.
Dans le titre, par exemple, on peut inclure une dimension incitative. Le tout, sans bien sûr nuire à son caractère informatif.
Pour être original, autant miser aussi sur plusieurs types de format : des interviews, des dossiers, des fiches pratiques, un E-magazine...
Il convient aussi de se demander sur quels sujets indirectement liés à l'activité de l'entreprise, il est possible de légitimement prendre la parole. Le tout, pour étendre le territoire de communication et le potentiel du site en matière de référencement naturel.

Avec ce dossier, le comparateur de voyages en ligne propose un angle original, pour promouvoir les destinations. Café avec terrasse à Tanger, café viennois à Vienne, café où Casanova s'illustra à Vienne… Les grandes villes du monde sont valorisées via un article sur leurs cafés célèbres. Le dossier est, en plus, introduit par un titre informatif et incitatif, pour une efficacité maximale.
Vu sur le site EasyVoyage (Mars 2009).
Le lecteur apprécie moyennement les discours trop commerciaux. L'emphase gratuite nuit à sa compréhension du propos et peut l'inciter à répondre à l'appel des sirènes de tes concurrents. Un rédacteur digne de ce nom ne souhaite pas cela quand même ?
Hyperboles, métaphores, figures de style en tous genres... Il vaut mieux les éviter. Le tout, au même titre que les phrases trop complexes et le jargon. Jamais, au grand jamais, il ne faut oublier que le message doit pouvoir être appréhendé par le plus grand nombre.

Promotion exceptionnelle, réduction substantielle… En misant sur ses formulations emphatiques, cette association de professionnels de l'Audiovisuel rend son propos difficile à appréhender. Il aurait été plus persuasif de remplacer les adjectifs hyperboliques par le montant exact de la réduction…
Vu sur le site MediaClub.fr (Mars 2009).
La rédaction de textes incisifs et riches sémantiquement, la création de contenus originaux et parfaitement explicites a surtout vocation à servir l'expérience-utilisateur. Mais en visant cet objectif fondamental, les éditeurs accroissent du même coup leur potentiel en termes de référencement naturel. Et pour cause, les robots adoptent des comportements de plus en plus proches de ceux des lecteurs...
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