Les enjeux & pratiques de l'éditorial en ligne analysés par dixxit l’agence éditoriale interactive
Version alpha, sortie officielle le 15 avril 2009AccueilEnjeux & stratégiesAudiencesS'adresser à différents publics

Investisseurs et journalistes, étudiants et grand public, clients et prospects... Sur un site institutionnel ou marchand, on s’adresse souvent à des publics distincts. Comment combler chacun tout en conservant un discours cohérent ? Espaces dédiés, dispositifs ciblés ou accès par audience : plusieurs moyens peuvent être mis en œuvre.
Satisfaire toutes les typologies d'internautes s'apparente souvent à un véritable casse-tête. Une problématique à laquelle sont notamment confrontés les sites institutionnels, à fort enjeu d'image, et qui adressent de multiples cibles.

Du grand public aux candidats en passant par les cibles professionnelles, un site institutionnel attire, par nature, des audiences très disparates.
Sur un site E-commerce, la distinction s'opère entre clients et prospects, entre particuliers et professionnels... Et dans le cas d'un site mi-institutionnel mi-commercial, la difficulté est encore bien plus grande.

Sur ce site d'un fournisseur d'énergies, on distingue les cibles commerciales (particuliers VS entreprises) mais aussi les cibles institutionnelles, adressées via la rubrique groupe. A cela s'ajoute la distinction entre clients (espace clients) et prospects qui souhaiteront sans doute en savoir plus sur le groupe avant de consommer. Un vrai casse-tête !
Vu sur le site Poweo en mars 2009.
Dans tous les cas, optimiser l'expérience-utilisateur suppose de satisfaire toutes les cibles de concert. Avant de penser à combler chacune distinctement.
Chaque cible a ses propres caractéristiques, son vocabulaire de prédilection... Il n'est donc pas possible d'envisager une segmentation trop fine, au risque de brouiller l'image globale. Avant d'envisager de personnaliser spécifiquement certaines sections du site, plusieurs moyens existent pour offrir une expérience satisfaisante pour tous. Et une identité cohérente.
Avant tout, il s'agit de se demander :
| Cibles adressées |
Exemples de besoins exprimés | Attentes |
|---|---|---|
| Consommateurs |
|
Animations pédagogiques, informations relatives au groupe et à ses activités, actualités… |
| Étudiants, candidats |
|
Offres d'emplois, fiches-métiers |
| Investisseurs |
|
Cours de la Bourse, résultats financiers, fonctionnement du conseil d'administration… |
| Salariés |
|
Cours de la Bourse, chiffres-clés… |
| Fournisseurs |
|
Activités, chiffres-clés, engagements en matière de développement durable… |
| Journalistes |
|
Chiffres-clés, communiqués de presse, engagements en matière de développement durable… |
| Pouvoirs publics |
|
Activités, communiqués de presse, engagements en matière de développement durable… |
Pour répondre à ces questions et établir quelles sont les attentes par besoin, on gagne à formaliser des "personas". Ce concept marketing désigne une personne fictive représentant un groupe cible. Une persona inclut le nom, le genre, l'âge, les profils de consommation, le mode de vie et d'autres attributs en fonction du domaine étudié.
Fruit de recherches et/ou d'interviews des différentes cibles, la représentation de personas permet, sur un site, d'établir des scénarios de consultation et de bâtir une stratégie éditoriale ad hoc pour chacune.
Dès la page d'accueil, il faut s'assurer que chaque audience puisse s'y retrouver. Il convient de proposer des contenus propres à chacune : des communiqués de presse pour les journalistes, les dernières offres d'emploi pour les candidats, le cours de la bourse pour les actionnaires...

La page d'accueil de ce site institutionnel adresse toutes les cibles d'emblée : les journalistes avec les communiqués de presse, les pouvoirs publics avec la valorisation de la rubrique RSE, les actionnaires, avec celle des relations investisseurs, les consommateurs avec les informations relatives au groupe, les candidats via la zone dédiée aux ressources humaines… Les titres de sections, très visibles, permettent à chaque cible de repérer rapidement le contenu qui la concerne.
Vu sur le site Total en mars 2009.
Dans les pages plus profondes du site, il est aussi possible de combler toutes les audiences, sans les segmenter explicitement. Comment ? En misant sur plusieurs niveaux de lecture :

La zone centrale de cette page traite le sujet de l'égalité des chances via un angle adapté à tous les publics. En complément, la zone de seconde lecture permet à chacun de l'approfondir : communiqués de presse connexes pour les journalistes, interview de la Directrice de la Diversité pour les candidats, accord sur l'égalité des chances à télécharger pour les pouvoirs publics… La complémentarité de ces deux zones est la clé du succès.
Vu le site institutionnel de Total en mars 2009.
Quel ton, quel style, quel vocabulaire adopter quand on s'adresse à des cibles complètement différentes ? Quelle que soit la typologie de site, on choisira la ligne éditoriale en fonction de l'audience la moins "spécialiste" :
Ainsi, on ne perd aucune audience : le grand public ne comprend pas le jargon mais les spécialistes comprennent le vocabulaire simple.
Aujourd'hui, de plus en plus d'annonceurs segmentent explicitement les contenus par audience, pour aller plus loin dans l'expérience-utilisateur. La personnalisation de l'information peut prendre alors plusieurs formes.
Parce qu'elles sont concernées par des contenus bien spécifiques, certaines cibles peuvent être adressées dans des espaces propres.
Sur les sites institutionnels, on voit de plus en plus de rubriques aux intitulés très ciblés : investisseurs, presse, voire fournisseurs. Une telle organisation a vocation à privilégier certaines cibles. Elle peut cependant poser problème car elle génère des recoupements entre les rubriques par thématique et les rubriques par cible.

Sur ce site institutionnel, plusieurs cibles sont adressées tout spécifiquement : les journalistes, les actionnaires, les candidats… Mais en faisant coïncider ces rubriques avec d'autres, plus thématiques, Lafarge génère des problèmes de recoupage. Par exemple, si l'internaute cherche des informations sur la gouvernance d'entreprise, où doit-il se rendre ? Dans groupe ? Dans actionnaires ?
Vu sur le site de Lafarge en mars 2009.
Sur un site à vocation commerciale, il arrive que les offres soient si ciblées qu'elles nécessitent un découpage du site par audience. Dans ce cas, l'entrée ne se fait pas par le besoin mais par la typologie de l'utilisateur. La difficulté est alors moindre que sur un site institutionnel : les offres sont segmentantes par nature.

Chacune des cibles commerciales de ce site dispose d'un espace dédié, déployant les offres et les conseils consacrés. L'utilisateur identifie facilement la section qui le concerne. Très adaptée aux sites présentant des offres commerciales, cette approche doit s'appuyer, en parallèle, sur des contenus transverses (présentation de la société…) destinés à tous.
Vu sur le site d'EDF en mars 2009.
L'entreprise peut décider de consacrer un site entier à une cible stratégique. Elle évite, du même coup, de phagocyter son site principal avec des contenus n'intéressant pas toutes les audiences. Là encore, ce type d'approche prévaut surtout sur les sites institutionnels.
La mise en œuvre de sites dédiés permet aussi de déployer une ligne éditoriale et des contenus qui n'auraient pas leur place ailleurs. Notamment sur le site-ombrelle, trop générique.

Le site media.renault.com est uniquement destiné aux journalistes et professionnels des médias. Accessible via un mot de passe, il permet de télécharger les derniers communiqués de presse, des visuels en haute-définition… On envisagerait en effet difficilement de donner accès à la photothèque Renault sur le site-ombrelle, adressant notamment le grand public. Ni de le faire via un accès par mot de passe, qui génère des frustrations chez l'internaute.
Vu sur le site de Renault en mars 2009.
Une entreprise peut aussi décider de ne pas privilégier une cible au détriment d'une autre. Et d'offrir, à chacune, les moyens de s'orienter en un clic vers les contenus la concernant. Il s'agit alors de valoriser dès l'accueil les informations les plus adaptées à chaque audience via des liens par profil :

A droite de sa page d'accueil, Danone propose une sélection de liens les plus pertinents par profil. Chaque profil peut ainsi vite s'identifier et être dirigé vers les sections le concernant. Ce parti-pris impose de sélectionner les contenus avec le plus grand soin. Des enquêtes-utilisateur, déclinées par cible, doivent impérativement être menées en amont.
Vu sur le site de Danone en mars 2009.
L'utilisation d'accès par audience est beaucoup plus efficace que l'utilisation de rubriques dédiées. En effet, elle évite de proposer à un même niveau des rubriques thématiques constituées autour de leur contenu et d'autres organisées autour d'une cible. Et de générer, du même coup, des difficultés au moment de s'orienter vers une rubrique.
On peut aussi aller plus loin en donnant à voir une page d'accueil entièrement différente selon la cible. Dans ce cas, le rubriquage peut être réduit à sa plus simple expression. Fédérant les contenus transverses, il s'impose cependant pour n'enfermer aucune cible.

Sur le site institutionnel de Vivendi, l'internaute peut choisir, en haut à gauche, son profil de navigation. Selon le choix qu'il effectue, tous les contenus de la page changent. Un moyen d'enrichir l'expérience-utilisateur, d'autant plus efficace qu'il est complété par des rubriques transverses accessibles en haut de la page.
Vu sur le site Vivendi (2009).
La personnalisation par audience doit se poursuivre tout au long de la vie du site. A ce titre, en plus de valoriser les actualités propres à chaque cible sur la page d'accueil, il est intéressant de proposer des newsletters spécifiques, des widgets dédiés... Le tout, pour ne donner à voir à l'internaute que le contenu qui l'intéresse. Et renforcer la proximité avec celui-ci.

Une fois qu'il a téléchargé le widget L'Oréal, l'internaute peut suivre l'actualité du groupe depuis son bureau. Et afficher uniquement les contenus relatifs à son profil. Mais cette approche serait d'autant plus efficace s'il existait un widget par audience…
Vu sur le site institutionnel de L'Oréal en mars 2009.
Une dernière approche consiste à considérer que les attentes de l'internaute sont largement plus transverses que ne le supposent les mécanismes de personnalisation traditionnels. En effet, un actionnaire ne s'intéresse pas uniquement aux chiffres et à la gouvernance d'entreprise, et un journaliste ne limite pas son parcours sur un site aux communiqués de presse.
L'utilisateur est complexe, et utilise souvent d'une visite sur l'autre (voire au cours d'une même visite !) plusieurs "personas" distinctes. Un actionnaire peut ainsi avoir besoin de consulter les offres d'emploi pour un proche, ou un journaliste de se renseigner sur les métiers proposés par la société, pour rédiger un article sur la politique d'emploi de celle-ci.
Surtout, l'utilisateur n'aime pas que l'on décide à sa place. Encore plus sur le Web ou, muni de sa souris, il est aux commandes. Il est donc envisageable d'aller plus loin dans la personnalisation en donnant à l'internaute les moyens de choisir, individuellement, les contenus qu'il souhaite voir en premier :

La page d'accueil du site Orange est entièrement personnalisable. L'internaute, sans s'enfermer dans un profil, sélectionne en bas les contenus qu'il veut voir afficher en premier. Il les glisse ensuite dans le centre de la page, selon ses intérêts. Et peut faire évoluer cette organisation à tout moment. Un excellent moyen de laisser l'internaute maître de ses choix - même si le fait même de choisir peut se révéler déstabilisant !
Vu sur le site d'Orange en mars 2009.
Sur les sites marchands, la complexité des profils-utilisateur nécessite bien souvent de privilégier un découpage par sujet plutôt que par cible. Il s'agit alors de proposer aux internautes de recevoir les dernières actualités propres à une thématique :

Plutôt que d'enfermer chaque cible dans une catégorie, La Redoute propose à l'internaute de choisir les contenus auxquels il souhaite s'abonner, parmi 7 thématiques : Mode Femme, Mode Homme, Déco, Lingerie, Enfant, Sport, High-Tech. Pour une efficacité encore plus grande, l'identité des newsletters se décline d'une thématique à l'autre.
Reçu de La Redoute en 2008.
Viser (et atteindre) plusieurs cibles distinctes repose donc sur l'équilibre entre une communication globale cohérente et des actions spécifiques à destination des audiences les plus stratégiques.
Retrouvez cette page en ligne sur : http://www.contentme.fr/
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