Les enjeux & pratiques de l'éditorial en ligne analysés par dixxit l’agence éditoriale interactive
Version alpha, sortie officielle le 15 avril 2009AccueilEnjeux & stratégiesStratégies de communicationCommunication institutionnelle

Sur la toile, le discours de l’entreprise peut vite lui échapper. Pour contrôler son image, elle doit prendre la parole sur les sujets qui touchent, de près ou de plus loin, à son territoire de communication. La mise en œuvre d’une stratégie éditoriale rationnalisée lui assure une identité cohérente et structurée, au service de toutes ses audiences.
"Le XXIème siècle sera corporate ou ne sera pas". Visionnaire, le publicitaire Jacques Séguéla ? A n'en pas douter. Il faut dire que l'entreprise d'aujourd'hui n'est plus seulement marchande : elle se mue en actrice de l'économie et de la société. Elle doit donc communiquer largement, sur sa politique sociale, son engagement en matière de développement durable, ses valeurs...
Souple et réactif, le média Web offre à la communication institutionnelle des possibilités innombrables : il n'y a plus de limite à ce que l'entreprise peut raconter sur elle. Et aux messages qu'elle véhicule.
Candidats, investisseurs, journalistes, consommateurs, fournisseurs, salariés, pouvoirs publics... Nombreuses et variées, ces parties-prenantes convergent toutes vers le site institutionnel. Les satisfaire de concert est d'autant plus complexe que l'image de l'entreprise doit rester cohérente. Le tout, dans un contexte de montée en puissance des blogs et des réseaux sociaux. Et donc, de risque de propagation rapide d'un discours contradictoire, sinon diffamatoire.

Un site institutionnel attire souvent un large panorama d'audiences. Les combler toutes constitue un premier défi. La maîtrise de l'image de l'entreprise en est un autre, alors même que l'utilisateur participe lui aussi de la diffusion des messages.
La communication corporate on-line ne manque donc pas de challenges... Face à ceux-ci, elle dispose d'un atout de taille : le contenu.
En quoi une démarche éditoriale rationnalisée permet de faire front face aux défis qui attendent l'entreprise sur le média Web ?
Souvent morcelée sur plusieurs sites, l'identité de l'entreprise en devient malaisée à appréhender. Le site corporate a vocation à délimiter ses contours.
Formalisée dans une charte éditoriale qui définit, entre autres, le style et la diversification lexicale des contenus, la ligne éditoriale contribue à l'installation d'un positionnement. Elle est définie en amont de la création d'un site.
En parallèle, la crédibilité du discours passe par la mise en place de formats de contenus qui le corroborent.

La baseline de Total, pour vous notre énergie est inépuisable, est rendue légitime par des contenus novateurs : un mini-site pédagogique sur les énergies, à destination des scolaires, un magazine qui propose de partir à la découverte de l'énergie à travers le monde… Leur relais sur le site institutionnel consolide le positionnement du groupe.
Vu sur le site de Total en mars 2009.
Si l'entreprise ne prend pas la parole, d'autres se chargeront de le faire à sa place. Le Web lui offre une occasion unique de communiquer sur un nombre infini de sujets. Quant au contenu, il lui permet d'expliciter sa stratégie avec expertise ou pédagogie ; de délimiter les contours de son offre ; ou encore de promouvoir ses engagements en matière de développement durable.

Dans sa rubrique dédiée à ses engagements RSE, ArcelorMittal illustre systématiquement son propos par des études de cas-pays. Une manière de prouver que son discours n'a rien de fallacieux. Et de contrecarrer d'éventuelles attaques.
Vu sur le site ArcelorMittal en mars 2009.
Par la souplesse qu'il offre, le canal Web permet de prendre position sur de nombreux sujets touchant au métier de l'entreprise. Et d'anticiper ou de répondre aux crises potentielles.
Comment contrecarrer les éventuelles attaques des blogs ou des sites de presse, très bien positionnés dans les moteurs de recherche ? En faisant comme eux. Autrement dit, en enrichissant régulièrement son site de contenu.
Ainsi, en déployant un dossier riche en contenu sur la catastrophe de l'Erika, Total a pu éviter le naufrage et se positionner devant ceux qui l'attaquent.

Sur son site institutionnel, Total consacre une vingtaine de pages à l'Erika. Les contenus dédiés à la catastrophe comportent notamment une FAQ et un lexique. Une manière de répondre à toutes les questions soulevées par ce naufrage. Et de positionner total.com en tête des résultats des moteurs de recherche sur les requêtes ayant trait au sujet.
Vu sur le site institutionnel de Total en mars 2009.
Réactif, le Web permet à l'entreprise de prendre la parole en temps réel, en cas de crise. Elle peut imposer tout de suite sa voix en y consacrant une actualité. Puis, les jours suivants proposer un dossier complet, qui réponde aux questions au cœur du débat. Elle peut aussi choisir de marcher sur les plates-bandes de ses "ennemis" en réagissant, à chaud, dans un blog. Le meilleur exemple en la matière est celui de Michel Edouard-Leclerc, au moment de la crise de la vache folle.

Grâce à la transparence et la proximité qu'il a installées dans la durée, le blog de Michel-Edouard Leclerc est devenu une institution. Au moment de la crise des steaks hachés, les réactions en temps réels du PDG des magasins Leclerc ont contribué à apaiser les esprits. Une gestion de crise remarquable, saluée de tous.
Vu sur le blog de Michel-Edouard Leclerc en mars 2009.
Quels contenus mettre en œuvre sur un site institutionnel au vu des nombreux enjeux qui attendent l'entreprise ?
Avant tout, l'entreprise doit répondre aux attentes traditionnelles des audiences qui fréquentent son site institutionnel. Il s'impose à elle de communiquer sur nombre de sujets :
Incontournables sur un site institutionnel, ces contenus participent tous de la diffusion d'un message cohérent et crédible.
En marge des contenus institutionnels "classiques", il est possible d'adopter une prise de parole différenciante. A condition que l'entreprise prenne le parti d'asseoir son expertise propre, celle qui est spécifique à son métier. Elle peut alors s'appuyer sur toute une palette de formats éditoriaux pour véhiculer ses messages et faciliter leur appréhension : des interviews de spécialistes, des animations pédagogiques, un magazine en ligne...

Sur son site institutionnel, Renault propose plusieurs animations pédagogiques à destination de ses internautes. Interactifs et ludiques, ils lui permettent de pénétrer au cœur d'un moteur, de découvrir les rouages d'une automobile ou d'une boîte de vitesses… Un parti-pris judicieux qui consolide la confiance que les cibles accordent à l'entreprise sur son cœur de métier.
Vu sur le blog de Renault en mars 2009.
L'entreprise gagne également à mettre son expertise au service de ses audiences. Le tout, en ne se contentant pas de décrire une problématique mais en y ajoutant une dimension conseil. Par exemple, un groupe spécialisé dans l'automobile peut décider d'expliquer aux conducteurs comment réduire leurs émissions de CO2.

Air France communique largement sur ses actions pour diminuer les émissions CO2 de sa flotte. Le tout, sur un site dédié à ses engagements en faveur du développement durable. Ce discours est accompagné d'un "calculateur de CO2" destiné à l'internaute. Il lui permet de savoir, en fonction du trajet qu'il réalise, combien son avion émet d'émissions polluantes. Une manière simple mais efficace de l'impliquer au côté du groupe.
Vu le site développement durable d'Air France (2009).
On a toujours dissocié communication institutionnelle et communication-produits. Tandis que la première poursuit des visées d'image, la seconde affiche un objectif purement mercantile. Aujourd'hui, les entreprises réalisent qu'il leur faut établir des synergies entre corporate et business. Et pour cause, la connaissance d'une entreprise passe aussi par la compréhension de ses activités et l'appréhension de son offre.
Sur le Web, l'opposition stricte entre communication institutionnelle et produits se révèle encore plus fallacieuse. En effet, lorsqu'un internaute saisit "L'Oréal" dans un moteur de recherche, il peut tout autant vouloir s'informer sur l'entreprise que surfer en quête d'un produit... Comment savoir vers quel site il vaut mieux l'orienter ?
L'entreprise doit a minima consacrer rubrique à ses activités et en donnant à voir des exemples de gammes pour chacune. Au mieux en proposant des actualités lors de la sortie d'un produit. Dans le cas d'un grand groupe, un focus dédié à chacune de ses marques peut se révéler un parti-pris judicieux.

L'Oréal a parfaitement compris l'intérêt d'opérer à des synergies entre ses discours institutionnels et commerciaux. Sur la page d'accueil de son site corporate, le groupe valorise ainsi ses différentes marques. Chacune fait ensuite l'objet d'une page dédiée, qui pointe ensuite vers le site-marque à proprement parler. Ainsi, l'internaute qui parvient sur le site institutionnel alors qu'il est en recherche de produits trouve une réponse à son besoin.
Vu sur le site de L'Oréal en mars 2009.
Pour accroître encore davantage sa légitimité, une entreprise a aussi intérêt à s'extraire de son discours purement institutionnel. Elle peut aussi offrir du contenu plus informel pour créer de la proximité et de se démarquer.
On pense par exemple à la création d'un E-magazine dédié à une thématique sur laquelle l'entreprise peut légitimement s'exprimer. Un format attractif et source de référencement naturel. Un format qui permet surtout à l'utilisateur de sortir du carcan institutionnel "groupe-actualités-presse-finance-carrières-développement durable".

PSA Peugeot-Citroën propose à ses utilisateurs une expérience ludique et innovante. Dès la page d'accueil du site, ils peuvent accéder au magazine en ligne du groupe, dédié à l'automobile. Historique du secteur, voitures qui ont marqué leur époque, dernières tendances automobiles et phénomènes de société… Autant de sujets à même de consolider la confiance que le public accorde à l'entreprise. Et, du même coup, son rapport à elle.
Vu sur le site institutionnel de PSA en mars 2009.
Comment constituer l'architecture de l'information de manière à offrir à chaque public une expérience instructive ?
Dans l'idéal, la page d'accueil d'un site institutionnel doit valoriser au moins un contenu par public-cible. Par exemple :
Comme c'est la "mode" depuis quelque temps, la page d'accueil peut aussi segmenter explicitement les contenus relayés, par cible. En valorisant ceux qui sont a priori les plus adaptés aux besoins de chacune.

A droite de sa page d'accueil, Danone propose une sélection de liens les plus pertinents par profil. Chaque profil peut ainsi vite s'identifier et être dirigé vers les sections le concernant. Ce parti-pris impose de sélectionner les contenus avec le plus grand soin. Des enquêtes-utilisateur, déclinées par cible, doivent impérativement être menées en amont.
Vu sur le site de Danone en mars 2009.
Même si on décide de personnaliser l'expérience-utilisateur, il importe de laisser à chacun un accès aux contenus destinés aux autres audiences. En effet, l'utilisateur n'apprécie que modérément que l'on décide à sa place.
Plus encore si des accès par audience sont proposés sur la page d'accueil, il n'est pas judicieux de créer des rubriques adressant une cible exclusivement. Ainsi, on préfèrera une rubrique Actualités à une rubrique Presse, une rubrique Finance à une rubrique Investisseurs. Ceci afin de laisser à l'utilisateur le soin de décider des contenus qu'il souhaite consulter. Sans l'exclure d'emblée d'une rubrique.
Parce qu'il adresse des publics différents, un site institutionnel ne peut se permettre de développer du contenu pour chacun d'entre eux. Au risque de voir son image perdre en cohérence. Néanmoins, en misant sur l'exploitation de plusieurs niveaux de lecture sur chaque page, il peut combler toutes ses audiences.
Tandis que le corps de page développe un contenu destiné à tous, et notamment au grand public, à un second niveau de lecture, il s'agit de :
Les approches éditoriales donnent l'occasion à l'entreprise de faire entendre sa voix... Mais aussi d'être à l'écoute de ses parties-prenantes. L'ouverture des sites institutionnels aux publics, par le biais d'espaces leur permettant de dialoguer avec eux, constitue sans doute, le prochain challenge du e-corporate.
Retrouvez cette page en ligne sur : http://www.contentme.fr/
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