Les enjeux & pratiques de l'éditorial en ligne analysés par dixxit l’agence éditoriale interactive
Version alpha, sortie officielle le 15 avril 2009AccueilEnjeux & stratégiese-marketingTransformation

Concurrence accrue, méfiance croissante des acheteurs en ligne, coûts de recrutement élevés… Sur Internet, il est aussi complexe d’attirer l'internaute que de l'inciter à la transaction. Sauf si on sait répondre à ses attentes, et le séduire progressivement, en misant sur une stratégie éditoriale convaincante et rassurante.
Indicateur-clé en marketing, le taux de conversion désigne le rapport entre le nombre d'individus ayant réalisé l'action attendue et l'ensemble de la population-cible. Sur le Web, on peut tout aussi bien parler de conversion pour désigner le fait de s'abonner à une newsletter, de télécharger une brochure, de s'inscrire à un jeu-concours... Et bien sûr d'acheter un produit. Tout dépend de l'objectif final que l'annonceur s'est fixé.
Centrale, la notion d'objectif final n'est cependant pas la seule à avoir du sens. Les objectifs intermédiaires qui permettent de l'atteindre doivent être définis avec soin. Pour au moins 3 raisons :
En somme, optimiser le potentiel de conversion d'un site suppose de prendre en compte toutes les typologies de besoin, incarnées par autant de profils-utilisateurs. Et de veiller à épouser progressivement les différentes étapes du processus de transformation. Toutes ces étapes qualifiées de "micro-actions" par Bryan Eisenberg, spécialiste reconnu de l'optimisation du taux de conversion.
Insérer schéma micro-actions
Accompagner l'internaute sur le chemin de la conversion ne peut se faire par la mise en œuvre d'une communication agressive, bâtie autour d'un objectif unique et d'un seul moyen d'y parvenir. Plus complexe, la démarche doit susciter, de manière progressive, l'Attention, l'Intérêt, le Désir, l'Action puis la Satisfaction (le fameux "AIDAS").
La conversion n'est pas affaire d'information, mais de persusaion. Parvenir à une architecture persuasive suppose de bien s'interroger en amont sur les problématiques des utilisateurs.
Popularisé par Alan Cooper, le concept de "persona" désigne une personne fictive ayant vocation à représenter une population-cible. Définie par un nom, un genre, un âge, des habitudes de consommations ou un mode de vie, elle permet ensuite de mettre en œuvre la stratégie adaptée.
La définition des personas se
révèle essentielle pour savoir ce que les
utilisateurs attendent d'un site. Et être en mesure de les
convaincre. Savoir qui est l'utilisateur aide à savoir ce
qu'il veut. Savoir ce qu'il veut aide à optimiser le taux de
conversion. L'équation est simple, non ?
Analyse des appels ou des e-mails adressés au service
client, mise en place d'une enquête de satisfaction,
étude des requêtes saisies dans le moteur de recherche
interne d'un site... Autant de bases solides pour établir
les personas.
Pour parvenir à l'objectif final, il s'agit ensuite de mettre en perspective chaque persona avec l'expérience-utilisateur qu'elle exige : une navigation claire menant vers des fiches-produits pour le profil qui sait ce qu'il veut, un accompagnement progressif vers l'offre pour celui qui a juste entendu parler d'une famille de produits...
On déduit ainsi de chaque persona un ensemble de contenus à mettre en œuvre et les scénarios de navigation qui permettent d'y accéder.
L'architecture de l'information permet de structurer un site et de hiérarchiser ses messages. C'est une démarche rationnelle... qui peut se révéler insuffisante dans le cadre de la conversion. Convertir, c'est convaincre. Et pour convaincre, il est parfois très efficace d'aller au-delà de l'information objective.
Une architecture de l'information destinée à influencer l'internaute dans son processus d'achat est dite "persuasive". A chaque étape de ce processus, l'architecture persuasive tend à répondre aux questions suivantes :
Une fois les réponses à ces questions identifiées pour l'ensemble des étapes d'une part, et pour l'ensemble des personas d'autre part, il suffit de mettre en scène les "call to action"qui permettront de passer sans heurt d'une étape à l'autre, d'un objectif intermédiaire de conversion à un autre... jusqu'à la transaction.
Une invite à l'action performante annonce clairement le bénéfice apporté par le clic. Elle doit systématiquement viser 3 objectifs :
Ces 3 règles prévalent tout autant pour les liens que pour les boutons. La seule différence réside dans le choix de l'impératif :
Ce sont les spécialistes de la conversion sur Internet qui le disent : au moment de concevoir des pages persuasives, priorité au contenu ! Mais un contenu qui respecte 3 règles élémentaires : faire simple, dire l'essentiel, positiver le discours.
KISS, ou Keep It Simple, Stupid : tel est le moyen mnémotechnique à garder en tête au moment de concevoir un contenu persuasif.
Viser la simplicité suppose tout d'abord d'éliminer tout ce qui peut distraire l'internaute de l'objectif fixé : des animations intrusives, un propos métaphorique ou hyperbolique, des visuels sans aucune valeur informative...

Il y a peu de choses comparables ; d'une incroyable finesse ; somptueux espace d'exposition… Destinés à susciter l'envie d'acheter, les descriptifs de certains produits commercialisés par Apple vont sans doute trop loin. Les tournures hyperboliques nuisent en effet grandement à la compréhension du message et à sa capacité à persuader.
Vu sur le site d'Apple en mars 2009.
Faire simple, c'est aussi savoir se cantonner à une promesse unique pour chaque action attendue. En marketing, on parle d'Unique Selling Proposition (USP). On la formalise en plusieurs étapes :

A ce stade de son parcours sur le site Philips, l'internaute découvre les différentes familles de produits. Il se situe dans une phase où son besoin est imprécis. Où il peut vouloir comparer les différentes offres que la marque propose. La promesse Explorez Philips se révèle particulièrement adaptée à l'objectif intermédiaire de conversion : inciter l'internaute à découvrir le catalogue. Simple, articulée autour d'un seul message, elle véhicule en plus la richesse de l'offre. Et suscite le désir par un impératif immersif.
Vu sur le site Philips en mars 2009.
Quelle est la longueur idéale d'un propos destiné à persuader un internaute, à susciter son désir ? Faut-il faire le plus court possible pour être sûr d'être lu ? Faut-il au contraire en dire le maximum pour déployer toute son argumentation ?
Raisonner ainsi, c'est prendre les choses à l'envers.
Un texte persuasif n'est ni court ni long : il doit être suffisamment détaillé pour faire passer les messages essentiels et suffisamment concis pour demeurer stimulant. Il se limite aux faits et évite les effets de style inutiles.

A voir cette fiche-produit, on pourrait penser qu'elle est trop longue. Pourtant, chaque paragraphe, chaque phrase offre une réelle valeur informative. Ou plus exactement, porte un message persuasif tant chaque caractéristique du produit est mise en perspective d'un besoin-utilisateur.
Vu sur le site Dell en mars 2009.
Difficile de persuader en tenant un discours négatif... Il faut systématiquement positiver, notamment en valorisant les bénéfices-utilisateurs - sans nuire au caractère factuel du discours.
| Eviter les propos neutres ou négatifs | Privilégier l'information incitative |
|---|---|
| Entrez votre adresse e-mail ici | Entrez votre e-mail pour bénéficier d'offres exclusives |
| Si vous envisagez d'acheter ce produit, vous avec l'assurance de… | Optez pour ce baladeur d'une fiabilité remarquable |
| Vols pour Singapour | Envolez-vous pour Singapour |
Dans un contexte fortement concurrentiel, il ne suffit pas de persuader l'internaute pour l'inciter à convertir. Il faut aussi le rassurer sur la fiabilité et la légitimité du site... surtout s'il doit y donner son numéro de carte bancaire.
L'internaute a besoin d'identifier rapidement l'éditeur du site sur lequel il envisage de réaliser une transaction. Cela passe par un accès facilité aux :

Largement visibles sur la page d'accueil, les services compris de Darty fournissent d'emblée à l'internaute des éléments de garantie. Dès son arrivée sur le site, il dispose d'un éventail quasi exhaustif des avantages offerts par le site. Avant même d'entamer son processus d'achat, il est d'ores et déjà rassuré.
Vu sur le site Darty en mars 2009.
Avant de réaliser un achat, un internaute a besoin d'être sûr de son choix.
Un cybermarchand a donc tout intérêt à mettre en œuvre des contenus destinés à guider l'internaute : des comparatifs, des guides d'achat, des dispositifs d'aide au choix... Ils orientent l'internaute vers le produit qui lui convient le mieux et, en plus, renforcent la légitimité de l'éditeur. Si un marchand est en mesure de conseiller, c'est qu'il maîtrise parfaitement son sujet. Et qu'on peut lui faire confiance.

Quand il navigue sur les pages-catégories d'un catalogue, l'utilisateur ignore souvent vers quel produit s'orienter. Il attend de sa navigation sur le site qu'elle lui permette de préciser ses attentes. Boulanger l'y aide en proposant des guides d'achat pour choisir le matériel adapté. Par la même occasion, Boulanger rassure sur sa connaissance des familles de produits commercialisés sur le site.
Vu sur le site Boulanger en mars 2009.
Un "convertisseur" potentiel accordera encore plus de crédit à une offre si elle bénéficie d'avis positifs de la part de ses pairs. Les témoignages de clients ou les avis d'utilisateurs sont non particulièrement appréciés : 4 internautes sur 5 les lisent, 2 sur 3 exigent leur présence.
Il est donc payant de donner la parole aux internautes ayant précédemment converti, acheté un produit, adopté une offre. Plus que des témoignages compilés par l'annonceur lui-même, c'est le recueil spontané d'avis d'utilisateurs qui est recommandé. Il témoigne en effet d'un souci de transparence, lui-même source de crédibilité.
Le fait de donner accès aux meilleures ventes ou aux contenus les plus lus s'impose comme un autre gage de conversion. Le mimétisme dispose d'un pouvoir considérable...

CDiscount propose un classement des 5 meilleures ventes par famille de produits. Une manière de faciliter le choix de l'internaute et, donc, d'accroître sa propension à convertir. En effet, il pensera sans nul doute que si ses produits sont régulièrement achetés, c'est qu'ils ont de bonnes raisons de l'être…
Vu sur le site Cdiscount en mars 2009.
L'optimisation du taux de conversion ne s'arrête pas une fois le site en ligne. La réassurance passe aussi par la capacité d'un site à transmettre une image dynamique. Cela nécessite des informations fraîches et des mises à jour régulières. Une véritable politique d'animation éditoriale, qui représente également un gage de fidélisation.
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