Les enjeux & pratiques de l'éditorial en ligne analysés par dixxit l’agence éditoriale interactive
Version alpha, sortie officielle le 15 avril 2009AccueilFormats éditoriauxVendreFiche produit

Un internaute se rend surtout sur un site de marque en vue de se renseigner sur son offre. L’annonceur a donc tout intérêt à soigner ses fiches-produits ! Et à ne pas lésiner sur la quantité d’informations fournies, leur forme et leur pertinence. Le tout afin de séduire les acheteurs potentiels et les attirer depuis les moteurs de recherche.
Indispensables sur les sites E-commerce, les fiches-produits investissent désormais les sites de marques, voire les sites institutionnels. Et pour cause : Internet est devenu un canal
incontournable pour déclencher l'acte d'achat, en ligne ou en magasin. Aujourd'hui, ce sont près de 2 français sur 3 qui affirment se rendre sur la toile pour se renseigner sur un produit. Un annonceur gagne donc à peaufiner l'accès à ses produits sur ses sites et leur présentation.
Le soin accordé à la conception et à la rédaction des fiches-produits devient une occasion de se différencier. Surtout quand on sait que 60 % des internautes ne sont pas satisfaits de la qualité celles qu'ils rencontrent sur le Web.
Optimiser ses fiches-produits, c'est se fixer pour ambition de répondre à un double objectif :
A bien y réfléchir, ces objectifs rejoignent ceux que se fixent tous les commerçants. En effet, quel que soit le secteur concerné, un produit mal placé dans les rayons aura plus de mal à se vendre. Et un produit mal présenté ne se vendra pas du tout.

Une bonne fiche-produit doit tout dire, tout montrer, pour mieux susciter l'envie et inviter à l'achat. Et si elle a plu à l'internaute, il en parlera autour de lui.
Sur une fiche-produit, il ne faut pas hésiter à inclure beaucoup de contenus. Si l'internaute est réellement intéressé par l'article, il lira toute l'information qui s'y rapporte. Il serait dommage de générer chez lui une quelconque frustration, susceptible de le conduire vers la concurrence.
Dans tous les cas, la fiche doit à minima comporter :
En plus de ces éléments, on gagne également à proposer :
Tous les contenus proposés constitueront autant d'arguments de vente... Et de points d'ancrage pour les moteurs de recherche, avides de texte.
Pour éviter cela dit le trop plein d'informations à un même niveau, on gagne à hiérarchiser l'information. Le tout, afin d'épouser les différents besoins, de la découverte à l'intérêt.

A son arrivée sur les fiches du catalogue d'Ipsopresto, l'internaute dispose d'un premier niveau d'information : une description des principaux atouts du produit (1er onglet - Notre avis). S'il est intéressé, il peut obtenir des caractéristiques plus détaillées (2ème onglet - Caractéristiques). Avant d'enclencher son achat, il peut trouver une réponse aux questions qu'il se pose (3ème onglet - FAQ) ou s'informer sur la livraison (4ème onglet - Infos livraison). Résultat, il est satisfait à chaque stade de sa démarche.
Vu sur le site ipsopresto.com (Février 2009).
Les internautes qui se renseignent sur un produit ont besoin d'informations concrètes et exhaustives. On gagne à employer un vocabulaire le plus précis et le plus riche possibles, plutôt que d'infester un texte de redondances.
L'enrichissement lexical d'une fiche-produit a aussi le
mérite d'étendre l'univers sémantique,
dans une perspective de référencement naturel. Et
d'épouser un maximum de requêtes.
Concrètement, on essaye donc d'introduire dans les
éléments de textes un maximum de synonymes (extension
en largeur) relatifs au produit commercialisé et de termes
liés à ce dernier (extension en profondeur).
| Produit concerné | Synonymes à employer | Exemples de termes à faire figurer |
|---|---|---|
| Téléphone mobile | Portable, GSM | Ecran, sonnerie, vibreur, SMS, appel, clapet, slide-up... |
| Vélo | Bicyclette | Selle, guidon, roues… |
| Carton d'emballage | Caisse, caisse en carton, caisse-carton, boîte en carton, caisse américaine... | Colis, paquet, expédition, La Poste, déménagement... |
Par exemple, dans le cas d'une fiche sur un carton d'emballage :
Vous recherchez un carton d'emballage solide pour expédier vos articles lourds et fragiles ? Cette caisse en carton est idéale pour envoyer des colis délicats par La Poste. Avec sa double cannelure, voici une caisse américaine qui résiste aussi aux chocs lors des déménagements.
Comme dans un magasin, un acheteur potentiel ne doit jamais
être livré à lui-même lorsqu'il cherche
un produit ou qu'il est prêt à investir dedans. Il a
besoin de se sentir guidé, rassuré et il doit pouvoir
trouver des réponses à ses questions. Une boutique ou
un catalogue en ligne ne déroge à la
règle.
En marge du descriptif-produit, la fiche gagne à proposer
un accès à des contenus transverses, relatifs au
catalogue dans son ensemble ou à la catégorie de
produits concernée. Destinés à accompagner
l'acte d'achat, ces contenus à valeur ajoutée ont 3
fonctions essentielles :

Pour la plupart des catégories de son catalogue, Pixmania propose des guides d'achat complets. Relayés sur les fiches-produits, ils orientent les internautes indécis vers le type d'articles qui leur conviendrait le mieux. Ces contenus contribuent aussi à asseoir l'expertise de Pixmania et la confiance que les utilisateurs accordent au site. Riches en texte, ils renforcent également la visibilité du E-commerçant dans les moteurs de recherche.
Vu sur le site Pixmania (Mars 2009).
Là encore, comme dans un magasin réel qui disposerait d'un SAV, un site peut décider de l'accompagner, en aval de ses achats. Pour gagner encore davantage sa confiance, l'annonceur peut aussi des liens vers des conseils d'utilisation par gamme, rayon, article... Plus le site sait s'affranchir du discours commercial avant-vente, plus il gagne en crédibilité.
Le Web offre cela dit une possibilité en plus par rapport aux canaux de distribution traditionnels : celui de donner à voir des témoignages et avis d'utilisateurs. En magasin, il est quasi impossible qu'un futur acheteur se renseigne auprès d'un client. Le retour d'expérience est réclamé par les internautes : 64 % d'entre eux souhaitent en disposer avant de consommer et 71 % les lisent.
Les avis d'utilisateurs peuvent prendre plusieurs formes : des témoignages recueillis directement par l'annonceur lui-même, des commentaires publiés en marge de la fiche-produit. Dans tous les cas, il importe de laisser les clients s'exprimer en toute transparence. Trop de modération et de commentaires dithyrambiques risquent de décrédibiliser l'offre et l'annonceur.

Sur chacune de ses fiches-offres, Expedia laisse une section ouverte aux commentaires et à l'évaluation. Le tout, sans les modérer. Parfois, comme ci-dessus, ils ne servent pas le discours commercial. Mais cette transparence se révèle porteuse à l'échelle du site : l'internaute lui fera d'autant plus confiance et, dans le cas d'avis très élogieux, en tiendra compte sans réserve.
Vu sur le site Expedia (Mars 2009).
Au moment de décrire un produit, le rédacteur doit mettre en perspective les caractéristiques de celui-ci avec les besoins des utilisateurs. Les raisons ? La première est évidente :
l'impulsion d'achat sera plus forte si l'internaute estime que le produit correspond à l'usage qu'il souhaite en faire. La deuxième l'est moins : les internautes formulent leurs requêtes en mentionnant leur besoin : expédier colis lourds, mobiles pour téléphoner des USA, vélo pour enfant...
Pour rédiger un descriptif qui valorise les besoins des utilisateurs, on introduit des termes relatifs à :
Le lexique propre aux besoins gagne à apparaître le plus tôt possible dans le descriptif. Ceci afin de respecter le principe de la pyramide inversée, indispensable sur le Web, et la règle de proximité. Tout l'enjeu est de faire passer, le plus tôt possible, les messages-clés et ceux qui concernent au premier chef l'acheteur potentiel.
Le ton adopté et l'angle choisi pour le descriptif doivent aussi être parfaitement adaptés à la cible et à ses besoins. Si la fiche et le produit se destinent à des clients professionnels, on adoptera un langage plus technique et on mettra en avant les avantages en termes de marge. Pour le grand public, le ton sera plus léger, plus dynamique et le descriptif plus pédagogique.
Une même gamme peut contenir plusieurs dizaines de références qui ne différent que par une caractéristique.
Pour éviter que l'internaute ait la sensation d'être face à 2 produits identiques, il faut valoriser le différenciateur. On peut choisir de le faire dans le titre, pour un repérage immédiat, dans les premiers éléments de la liste à puces ou, en dernier recours, via une mise en forme spéciale dans le tableau des spécifications. On peut aussi le faire ressortir plus visuellement par l'usage de logos : BIO pour l'alimentaire, HD pour les TV, DVI pour les ordinateurs...
La fiche sera encore plus "vendeuse" si l'annonceur la distingue explicitement des autres. A condition que tout le catalogue soit traité de manière homogène, il peut aussi valoriser ses produits préférés. Comme un vendeur le ferait dans un magasin en conseillant un article plutôt qu'un autre... Une mention de type "Notre coup de cœur", "le meilleur rapport qualité-prix" fera toujours son petit effet... Et prouvera que la marque sait prendre du recul sur ses produits.
Comme tous les contenus Web, une bonne fiche-produit doit être parfaitement lisible. En somme, elle doit proposer un maximum de niveaux de lecture, tant dans le forme que dans le fond :

Accroche, descriptif valorisant les bénéfices-clés par du gras, caractéristiques présentées sous formes de listes à puces, onglet avec accès aux spécifications plus détaillées… Samsung Mobile ne rechigne pas sur les niveaux de lecture. Résultat : une fiche qui donne envie d'être lue. A noter également, en dessous de la liste à puces, des focus plus détaillés sur les technologies et plus-produits. Un parti-pris très pédagogique qui éclaire sur les usages du produit avant l'achat et facilite la comparaison. Lorsque l'internaute compare plusieurs fiches, il perçoit directement les caractéristiques qui divergent.
Vu sur le site SamsungMobile (Mars 2009).
A défaut d'avoir le produit sous les yeux ou dans la main, l'internaute veut voir à quoi il ressemble, le plus précisément possible. De fait, une triste photo sur fond blanc ou une ridicule fonction de zoom auront du mal à le convaincre... Surtout dans le cas de produits onéreux. On peut faire coïncider plusieurs types de visuels, parmi les 3 qui existent :

Pour le lancement de sa gamme de soin à destination des hommes, Lancôme n'a pas lésiné sur les moyens. Au clic sur un produit, celui-ci s'anime et vient investir très largement le champ de vision. L'internaute peut ainsi le voir sous tous les angles. Une expérience saisissante et un résultat sublime… Bien que d'un intérêt limité. En effet, ce qui fait acheter un soin, ce n'est pas tant son contenant que le contenu de celui-ci…
Vu sur le site Lancôme Men (Mars 2009).
Au panier ! Tel est sûrement ce qu'un annonceur rêve de dire à un internaute qui se trouve sur une fiche-produit. A défaut de pouvoir le faire, il doit l'y inciter...
Les invites à l'action de type Acheter maintenant / Ajouter au Panier / Commander doivent donc être identifiables au premier coup d'œil. Elles ont intérêt à se positionner au bon endroit, idéalement après le descriptif. Une fois donc que l'internaute dispose d'assez d'arguments pour passer à l'acte. Pas question de placer une invite à l'action dans la zone supérieure d'une fiche alors que l'utilisateur n'est pas préparé à l'achat...

L'invite à l'action, matérialisée par le bouton Acheter en haut à droite est ici mal positionnée. En effet, elle devrait a minima venir se placer en dessous de l'accroche présentant le produit. Voire après la description de tous ses avantages.
Vu sur le site Apple (Mars 2009).
Sur les sites qui n'offrent pas la possibilité d'acheter en ligne, la fiche doit néanmoins comporter des invites à l'action. Il peut s'agir, par exemple, d'un lien invitant à consulter la carte des magasins, d'un bouton ouvrant un e-mail et permettant de contacter le service client... Dans tous les cas, la consultation d'une fiche-produit doit pouvoir conduire vers un achat potentiel, on-line ou off-line.
Plus que tout autre canal, le Web offre la possibilité de vendre plusieurs produits plutôt qu'un. Contrairement à un magasin, où les rayons peuvent être séparés de plusieurs mètres, sur Internet, ils sont à quelques clics les uns des autres. On gagne donc à exploiter tout le potentiel de l'hypertexte pour augmenter le panier moyen du client.
Sur un site E-commerce, on désigne par cross-linking la technique consistant à proposer d'autres produits au sein d'une fiche. Un système de liens croisés idéal donne à voir :
Cette technique permet aussi de valoriser les produits qui souffrent d'un manque de visibilité. Les liens peuvent-être gérés automatiquement : comme le fait Amazon, par exemple, en se basant sur les achats des acheteurs précédents (les personnes ayant acheté ce livre ont aussi acheté tel autre). Plus fréquente, la technique manuelle jouit quant à elle souvent de l'expérience des chefs de produits.

Pour clôturer ses fiches-produits, Bultex propose à l'internaute du cross-selling et de l'up-selling. Gérés manuellement, ceux-ci sont présentés efficacement. On annonce que les sommiers mis en avant sont les plus adaptés au matelas décrit dans la fiche, constituant le "couple idéal". Quant à l'up-selling, il est également introduit subtilement par la formulation Séduit par Feria ? Vous apprécierez aussi. Un biais efficace pour accompagner le futur acheteur, comme il le serait dans un magasin.
Vu sur le site Bultex (Mars 2009).
Dernière technique : celle qui consiste à user de la forcer de frappe du Web en matière de bouche à oreille et de viralité. Une fiche-produit a tout intérêt à inclure un bouton de type "Partagez avec un ami". Le réseau est en effet le meilleur prescripteur qui soit... Bien plus efficace qu'une bannière publicitaire ou une campagne Google AdWords !
Concevoir des fiches-produits performantes nécessite de faire appel à des professionnels de l'écriture commerciale. Et ce, d'autant que les équipes marketing ne disposent souvent pas d'un recul suffisant, leur permettant d'être les mieux placées pour rédiger du contenu orienté
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Eve
lundi 16 novembre à 11:19Bravo pour cet excellent article qui fait la part belle à l'éditorial, pour une fois !! Et bravo pour votre blog que je découvre en même temps. Une référence "bloguesque" en devenir dans le domaine de l'éditorial en ligne. Voilà qui va faire du bien à la profession...